Avant de présenter le Lieutenant Colonel Paul Alexandre Coquelin de Lisle, je tiens à remercier sincèrement Patrick, son petit fils, pour l' amitié et la confiance qu' il m' a témoignées, en me confiant les documents qui figureront en diverses parties de ce site, en mémoire de son grand-père. Nos recherches étant toujours en cours, cet article sera modifié, documenté et complété régulièrement, en fonction de nos découvertes.

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Né à Blois , le 10 juillet 1863 et après de brillantes études, Paul Coquelin de Lisle commence sa carrière militaire à la promotion " Madagascar" de Saint Cyr (1883-1885). Sous Lieutenant en 1885, Lieutenant en 1889, capitaine en 1895, chef de bataillon en 1906, professeur de géographie et de géologie, breveté d' Etat-Major recommandé à L' Ecole Nationale Supérieure de la Guerre par le Général Lebon, en 1912, il est nommé Lieutenant Colonel, chef d' Etat-Major du 2ème G.D.R. le 23 décembre 1912, poste qu' il occupe encore à la déclaration de guerre. Il dirige alors les opérations du groupe sur le Grand Couronné de Nancy depuis son PC de Malzéville ( photo annotée de sa main) :

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Au moment ou il quitte le 2è G.D.R., il reçoit un ordre élogieux du Général Joppé :

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Il prend le 17 novembre 1914, le commandement du 232e RI, qu' il mènera, dans différentes opérations que nous évoquerons par ailleurs. Promu Colonel le 11 mai 1915, il est affecté au commandement de la 255ème Brigade, le 15 juin de la même année:

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Il adresse ses adieux au régiment en ces termes :

" Officiers, sous officiers, caporaux et soldats,
Votre colonel est nommé au commandement de la 255è Brigade d' infanterie. Avant de partir, il tient à vous dire toute la fierté qu' il éprouve de vous avoir commandés pendant 7 mois. Pendant cette rude période, toujours, sous le feu, vous n' avez jamais reculé devant les allemands et souvent, au contraire, vous les avez forcés à reculer, soit en Woevre, soit sous les forts de Metz. Vous leur avez imposé votre volonté, vous avez ainsi forcé leur respect et acquis l' estime de vos chefs ou de ceux qui vous ont vus à l' oeuvre. C' est avec un orgueil légitime que chacun de vous dira désormais : j' ai appartenu au " Brave 232". Je vous quitte avec un profond sentiment de regret, mais je suis certains qu' en d' autres mains le 232e continuera sa glorieuse destinée et contribuera à la victoire complète de la France. A chacun je dis " merci" et " bonne chance". Souvenez vous de votre colonel qui vous a beaucoup aimés et qui emporte votre souvenir gravé au fond de son âme.
"
Remplacé à la tête du régiment par le Commandant Monéglia, il meurt au milieu de ses hommes le 11 juillet 1916 devant la poudrière de Fleury. Son corps ne fut retrouvé que le 25 septembre 1916. D' abord inhumé au cimetière de Belleray, il repose désormais à la Nécropole Nationale Fleury devant Douaumont, tombe 7660.

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Ses décorations : Chevalier de l' ordre de Léopold de Belgique en septembre 1906; Chevalier de la Légion d' Honneur le 12 juillet 1909, puis promu officier le 12 juillet 1916, le lendemain de sa mort; Palmes académiques en juillet 1914; Croix de Guerre

Sources : Collection Patrick Fournié, SHD 26N723 JMO 232e RI, Forum pages 14-18, merci à Mickael pour les photos de la N.N.Fleury devant Douaumont et à Jean-Louis pour celle de la Douéra

 

 Je voudrais rajouter aujourd hui le très bel hommage rendu au Colonel par Frédéric Radet :

 

Passant mon après-midi à grenouiller dans le coin de Fleury j’en ai profité pour rendre un petit hommage au Colonel Coquelin de Lisle tombé en brave devant le magasin de secteur M8  surnommé « Poudrière de Fleury ». 
Il aurait été inhumé près du Poste de garde avant son transfert dans la NN de Fleury après la guerre. 
Pendant quelques instants j’ai posé une modeste croix de bois avec cocarde près du Poste et sur sa tombe. Précision, c’est une réplique de croix de l’époque… 
 L’hommage s’adressait également à tous les soldats qui se sont battus dans ce « sale coin » et qui ont arrêtés les allemands dans les terribles combats de juin-juillet 1916. On peut y ajouter les mois d’août et septembre (même si on en parle moins) car l’ennemi a encore attaqué violemment a de très nombreuses reprises dans la zone.  

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